Eliana sur le perron de la maison tu fleuris une vieille jardinière
Tu n'oublies pas qu'il est l'heure de dormir pour les fleurs à peine en chair
Tu n'oublies pas qu'elles ont pleuré dans bien des jardins éventrés
La terre est un transport de mort et d'enfant à venir
Tu arraches quelques planches à un cercueil qui se dore au soleil
Ta maison est trouée la chambre du petit a besoin d'un peu d'ombre
Eliana sur les tombes de tes vifs anciens tu ne renonces pas à prier la lumière d'entrer
Tu pars en marge du village cueillir des nympheas qui creusent les étangs
Tu saisis le printemps entre tes mains cireuses le temps te décompose
Le ciel est un scellé où les poutres majeures s'assèchent et se dissolvent
Ta maison prend le vent tu ne sais plus pleurer les murs de ton enfance
Eliana par l'enfant qui s'en va par le soleil qui boit et les années de chiens
Tu t'endors à midi sur le perron des joies la fleur a sourit dans sa soupière rouillée.