J'ai eu vent de ton souffle posé sur la tasse de thé, elle qui se renverse à soupirer les rides de l'horloge
Tu as grandi entre les arbres du jardin, entre l'usure du banian et ses pudeurs de lianes
J'ai eu vent de ta main posée sur la tranche de pain, la pause de midi sous les arcs boutants solaires
Tu as dormi longtemps sous la varangue, une vie de rosaire à méditer quelques néants
J'ai cru qu'au soir du vent ceinturé, les âmes fécondées s'extasiaient dans leurs catiminis d'alcoves
Tu as couché parfois sur la trace des hommes, assoupie sous le grès des orages, habitée par l'absent
Saisi le vent essouflé sur ton ventre, atermoiement des pluies, nous n'avons pas renommés les baisers
Et si loin que se portent nos songes, sous le banian effacé, sous le dais de lianes en pleurs
Nous demeurons instruits de la veille d'aimer.