Je dîne ce soir en plein raout de goules
Des vamps électros et des photos d'éponge
La faim puisqu'elle est brute se conjugue à l'aune de mes dents
Je puise dans la chair d'un commis voyageur gouleyant
Je suce un gros fût de saucisse icelui l'hôte du repas
Des chiens verts démembrés se joignent sur la rampe
Et s'entichent d'une femme lectrice de Bernard-Roger
Elle gueule quelques nuits après maintes morsures
Je dîne ce soir en plein raout de sorcières
Des clinqueurs de la mort et une pythie noire
La faim est un départ en ligne sur la peau
Je lèche quelques mouches arrivées de la gare
Une se fait les lèvres sur mon phalle à moulin
Trois cygnes édentés ouvrent un placard à boire
Les bouteilles de plant s'enfournent dans les bondes
Je me finis sur l'onde d'une flaque de sang ruisselée d'un veston
Je dîne ce soir en plein raout d'abats.