L'arbre parmi les siens est un grégaire anxieux
L'homme parmi les siens est un sac de certains
Je me souviens un soir de train où les arbres fuyaient devant des rangées de soldats
L'aube en miette léchait les derniers rangs qui mouraient par centaines
Sans certitude aucune les arbres s'arrachaient pour couvrir à la course les derniers arpents du champs de bataille supposé
L'homme avait pris froid dans la nuit crépusculaire, il chantait des complaintes à la sourde camarde
La guerre n'avait plus de nom tellement elle était longue et sinueuse
Le soleil fit des bonds nauséeux sur le ciel déglutit
Le trompette sonna la charge des suicidés du jour, quel beau marbre un soldat mort!
Les arbres avaient pris soin de se cacher des hommes, ils marchaient désormais tout auprès des montagnes
Le trompette sonna la pire des retraites en prenant une balle entre ses yeux de clavecin
La pluie se mit à rire en poussant ses hallebardes cinglantes et dégelées
Les hommes s'engloutirent cent par cent en un charnier surpeint
Les arbres recouvrèrent la parole assagie, ils reprirent leur sommeil vigilant.