Les trop tard sont pleins de gras mal digéré
D'assiettes ébréchées, de café refroidi sur le gaz
Les trop tard mâche du sel en arpentant l'étagère vidée
Ils renâclent à mourir parfaitement instruits de l'absence
Les trop tard veillent la nuit comme des feux fiévreux que le vent rendrait vils
Ils bousculent des chaises qui se souviennent de l'autre corps
Les trop tard s'accrochent à la fenêtre en poursuivant des ombres
Tandis que dans la chambre une loupe éternue
Les trop tard se lamentent sous les draps remplis d'eau
Un corps est assassin d'une illusion sans fard
Les trop tard se mutilent, le couteau est resté penché sur la tartine
Et les dernières fleurs s'étiolent dans la bouche muette
Les trop tard s'atténuent avec le temps qui passe
Le temps des rugissants aux minuits refroidis