Sur le désert confin où rien n'habille la tranchée de parole
Sur la lande détruite je veille habité de la ligne mouvante des horizons tangents
J'aurais lu le livre en attendant l'autre, j'aurais cuisiné l'haricot
J'aurais pétri la montre démone et observé la boue pleine de fusils
Que suis je alors qu'ils ne viendront pas?
A qui j'ai renoncé en enfonçant la nuit pleine de mouches?
J'aurais voulu un instant, une virgule d'aube, être de cette boucherie
Je serais mort de ma guerre pénétrante, si intime, que personne n'eût prononcé son nom
Sur le Mort-Homme, l'arbre qui se tord de douleur enfante des cadavres
Sur le désert confin mètre contre mètre de peau, la guerre inoubliable
Qui suis je dans le mouroir des ombres?