Un homme marche endimanché pour aller à la noce des morts
Il froisse son mouchoir se mouche distance ses invités
Le mort est ponctuel à la fête des gris
L'homme ploie contre vents et souffles de cadavres
Il va d'un bon pas sous l'orage; grondent les sentencieux
Le mort est affamé, mangera t'il demain?
L'homme se courbe sous les coups de marteaux
La planche de son cercueil glisse sur l'onde noire
Il s'allonge transi par le froid des coussins
L'homme renonce au rire, sa tête de squelette dévore un rictus
Ses invités arrivent creux comme le désespoir des oiseaux hivernaux
Le mort se range refait les plis de son costume
L'homme éteint le soir au bord de l'effroyable gouffre.